vendredi 19 mars 2010

"Invisible" de Paul Auster

Le dernier Paul Auster ne m'a que très moyennement convaincue. Pourtant je suis une véritable inconditionnelle de cet auteur mais comme je l'avais déjà écrit ici, ses dernières productions ne m'ont que partiellement touchée (mmmh, puis-je dès lors encore affirmer que je suis une "inconditionnelle" ? Sans doute que oui car même déçue, je continue à lire ses romans). En achevant la lecture d'Invisible, j'ai une fois de plus eu l'impression qu'Auster s'était trop attaché à la structuration narrative de son roman au détriment du fond, de l'histoire qui, selon moi, ne va pas assez loin, n'est pas exploitée jusque dans ses derniers recoins. Dommage.

Dans ce roman, Auster nous introduit dans l'intimité d'Adam Walker, étudiant en littérature à Columbia. Ce jeune homme nous raconte sa rencontre - un peu hasardeuse - avec Rudolf Born, un professeur français invité qui lui propose de lancer un magazine littéraire. Walker se montre très intéressé par cette proposition jusqu'à ce qu'un meurtre vienne ternir l'affaire (je ne révèle pas grand chose en disant cela, le meurtre étant déjà évoqué sur la quatrième de couverture). Nous sommes alors en 1967. Nous finissons par apprendre la suite des pérénigrations du personnage principal, entre Paris, Londres et New-York ... d'une manière un peu particulière, mais je laisse ceux qui souhaitent lire ce roman découvrir les choses au fur et à mesure ...

On retrouve - une fois encore - de nombreux thèmes chers à l'auteur tels le hasard, New-York et l'héritage, ... Ainsi que le thème du passage de la jeunesse à l'âge adulte, nous ne sommes pas bien loin du roman de formation à certains moments. J'ai lu avec attention plusieurs critiques de l'ouvrage, dont un billet du Soir qui m'a beaucoup intéressée et qui soulève la question suivante : lequel de ces personnages rapprocher d'Auster l'écrivain ? Walker l'apprenti poète traducteur ayant vécu à Paris - comme Auster au début de sa carrière ? Freeman l'auteur à succès - comme Auster aujourd'hui ?

Une fois encore, je pense avec nostalgies aux romans d'Auster écrits par l'auteur entre 1985 et 2002. Je pense qu'il faut que je me fasse une raison, il n'y aura sans doute plus de roman d'Auster assimilable à ces productions ...

2 commentaires:

Voyelle et Consonne a dit…

Pas tout à fait d'accord avec toi. Je pense qu'il a pris un chemin nouveau depuis quelques livres et que c'est aussi une autre forme d'errance, qui rappelle celle des personnages des premiers romans. J'ai l'impression d'un auteur qui cherche, multiplie les angles et les histoires qui ne se terminent pas. Je trouve cela assez touchant et très intéressant.

Anne-So a dit…

Oui sans doute. Au final c'est juste que ce nouveau chemin me touche moins ... voire pas du tout parfois. Et je crois que je reste - malheureusement ? - nostalgique du Paul Auster sur lequel j'ai "craqué" il y a des années ... Et ne plus parvenir à le retrouver est parfois très frustrant !