mardi 1 décembre 2009

"N'espérez pas vous débarasser des livres" d'Umberto Eco et Jean-Claude Carrière

Un livre vraiment délicieux, présenté en quelques lignes un peu plus bas. Difficile de résumer le contenu des trépidations intellectuelles de ces deux érudits abordant un tas de sujets passionnants lors de ces entretiens. Cet ouvrage m'a éclairée et enrichie, je n'ai cessé - au fil des pages - de me dire "Mais bien sûr ! ", "Tiens, je n'y avais jamais pensé mais c'est tellement vrai ! ". J'ai souri, j'ai même ri de bon coeur à la lecture de certaines anecdotes (Umberto Eco est définitivement un homme très comique, la preuve lors de son passage sur le plateau de La grand librairie du 15 octobre dernier dont vous pouvez revoir la vidéo dans son intégralité ici). En bref, un ouvrage que je viens d'acheter pour l'anniversaire d'une amie proche, un ouvrage que je vous recommande chaudement, un ouvrage qu'on peut déguster en toute sérénité grâce à son découpage en une multitude de petites thématiques !

Pour terminer, quelques morceaux choisis (un peu au hasard, ce n'est pas forcément le meilleur du meilleur de cet ouvrage) :

"Nous pouvons donc encore lire un texte imprimé il y a cinq siècles. Mais nous ne pouvons plus lire, nous ne pouvons plus voir, une cassette électronique ou un CD-ROM vieux de quelques années à peine. A moins de conserver nos vieux ordinateurs dans nos caves." (p. 29)

"Nous avons la preuve scientifique de la supériorité des livres sur tout autre objet que nos industries de la culture ont mis sur le marché ces dernières années." (p. 43)

"La vitesse avec laquelle la technologie se renouvelle nous oblige à un rythme insoutenable de réorganisation continuelle de nos habitudes mentales." (p. 49)

"Nous nous projetons toujours dans la fiction, ou dans l'avenir, à partir de ce que nous connaissons. Mais l'avenir ne procède pas du monde connu." (p. 58)

"Ce qu'Internet nous donne est en effet une information brute, sans aucune distinction, ou presque, sans contrôle des sources ni hiérarchisation. Or chacun a besoin non seulement de vérifier mais aussi de donner du sens, c'est-à-dire d'ordonner, de placer son savoir à un moment de son discours. Selon quels critères?"
(p. 87)

"Un de mes amis compare ses livres à une chaude fourrure. Il se sent comme réchauffé, comme abrité par les livres. Protégé contre l'erreur, contre l'incertitude, contre les frimas. Être entouré par toutes les idées du monde, par tous les sentiments, toute la connaissance et tous les errements possibles, vous offre une sensation de sécurité et de confort. Vous n'aurez jamais froid au sein de votre bibliothèque. Vous voilà protégé, en tout cas, contre les dangers glacés de l'ignorance." (p. 301)

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